31 décembre 2006

la signification des chiffres




Pour ne pas manquer à la tradition, c'est la grande période des bilans. Cette fin d'année qui s'achève ne manquera pas de me laisser aussi indifférent que les années précédentes.
A l'instar de Nostradamus , je prédis que l'année 2007 subira encore les conséquences de la bêtise humaine universelle, maintenant bien ancrée dans nos "civilisations modernes".

On nous avait prédit en 2000 toutes sortes d'inepties sur la "valeur" de certains chiffres, prétendant que "2000" serait LE chiffre fatidique. Les plus naïfs (!) d'entre nous ne se lassèrent pas de nous inonder de prophéties aussi saugrenues qu'improbables.
Depuis lors, force leur est de constater que "la fin apocalyptique de notre belle civilisation" n'aura pas lieu. Peut-être ne se rendaient-ils pas compte que les jalons gangrênés du grand chambardement étaient posés depuis belle lurette. Une seule solution pour les amoureux de la grande signification des chiffres "prémonitoires" : attendre l'an 3000, et s'endormir entre-temps.
Pourtant, les chiffres ont bien une explication rationnelle et compréhensible.
En effet, et paradoxalement, à l'origine, le mot "chiffre" représentait "zéro" et signifiait "le vide" (voir cet article).
Les origines du mot chiffre retrouvent donc tout leur sens originels grâce au "développement humain moderne", voici donc des chiffres vraiment nuls, qui ne combleront pas le vide humain laissé comme héritage à la planète :
Nombre de personnes souffrant de la faim dans les pays en voie de développement : 799 millions.
Nombre d’adultes illettrés dans le monde : 876 millions, dont 2/3 sont des femmes (1)
Nombre d’enfants morts chaque jour de maladies facilement curables : 30.000.
Nombre de femmes mourant chaque année de complications liées à une grossesse : 500.000
Nombre d’individus infectés par le virus du sida : 42 millions dont 70% en Afrique subsaharienne.
Espérance de vie au Botswana : 65 ans en 2000 ; 31 ans en 2005.
Espérance de vie au Zimbabwe : 53 ans en 2000 ; 27 ans en 2005.
Nombre de décès annuels à cause du paludisme : 1 million, dont 900 000 en Afrique.
Nombre de décès annuels à cause de la tuberculose : 2 millions.
Nombre de décès annuels d’enfants de moins de 5 ans à cause du paludisme : 700.000.
Nombre de personnes n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés : 1,1 milliard.
Nombre de personnes privées d’infrastructures sanitaires correctes : 2,4 milliards.
Au rayon des bonnes nouvelles :
Nombre de milliardaires en dollars en 2005 : 793
Leur patrimoine cumulé : 2 600 milliards de dollars.
En 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays les moins avancés, où vivent 650 millions d’individus.

Bien sûr, ces chiffres sont à ajouter aux chiffres que je n'ai pas nommés et qui représentent notre lot quotidien "autochtone" : délocalisations en masse, chomâge en hausse, prisons surpeuplées, inflation galopante ...
A chacun sa misère ou sa richesse, tout est dans la continuité, je vous l'écrivais plus haut.
Plus tard, je vous présenterai mes meilleurs voeux pour cette "prometteuse" année 2007.
Bon réveillon quand même, mais n'oublions pas demain de réfléchir.

HA

(1) : 10 % d'analphabètes en Belgique. (je m'abstiendrai de tout commentaire quand à l'usage que font de leur "savoir" certains de nos compatriotes qui font partie des 90 % de la population "alphabétisée").

28 décembre 2006

les fourmis nous envient


Dans la course vers le futur, la population Bruxelloise ressemble de plus en plus à une fourmilière géante. Certes, ce n'est pas New-York, ni Paris, encore moins Londres, mais la frénésie festive de cette fin d'année est intéressante à observer. Posté sur le coin de mon zinc, jumelles en bandoulière, leffe à portée de main, j'observe avec admiration le long périple des ménagères (je n'ai pas trouvé de terme masculin pour ce mot) s'apprétant à la grande messe universelle du 31 décembre. Files interminables pour accéder au parking souterrain, labyrinthes humains, allées encombrées de supermarché.
Ces véritables exploratrices (eurs) de notre monde moderne, ont bien du mérite. C'est vrai que la prime de fin d'année tombe au bon moment cette année. Il y a de quoi faire faire du benef aux oeuvres non caritatives.
Donc, l'oeil aux aguets, surplombant légerement la salle, gentiment blotti dans mon allure de sentinelle, j'observe. Et là, je demande l'attention. Pas l'addition, s'il vous plaît (l'est encore tôt).
Bref, voilà t'y pas que derrière la vitrine toute décorée de strass "noëlistique" -sorte d'écran géant donnant sur la ville- j'aperçois un couple autochtone typique : la mégère excitée, le gars chargé comme une mule, les enfants surexcités (c'est quand qu'on mange ?). Aussitôt, de mon esprit jaillit une bouffée d'adrénaline (me demandez pas comment c'est possible : c'est possible).
J'en tiens un : un couple d'une espèce que je croyais à jamais éteinte : l'homo sapiens erectus qui doit plus trop souvent erecter vu la mine de la ménagère en question.
Surexcitée, braillant à qui veut ne pas l'entendre que le gars en question n'est qu'un minus, et qu'il ferait bien de se dépecher, vu que les boutiques vont bientôt fermer, et qu'on n'a pas que ça à faire (à savoir se promener la tête dans les illuminations, qui ne sont pas là pour ça, c'est bien connu).
Pauvre bougre, il avait sûrement pas rêvé d'un noël comme ça à courir après des chimères ...
Lui, il rêvait plutôt d'un vrai noël, tout blanc, avec un vrai feu de bois qui crépite dans la cheminée, avec une nana languissante, un peu amoureuse, allongée sur une peau de mouton (on y viendra, elles seront bientôt soldées-devinez qui-), et un instant d'éternité, ce moment magique enfui en lui et dont il se souviendrait comme un passé au présent. Bref, loin de ce qui se passe là à cet instant. Il suit, imperturbable, sa petite gendarmette surexcitée et sa progénitude déjà lasse ...
Il s'en souviendra, comme il s'en souvient chaque année, jurant en lui (c'est possible : c'est possible) qu'on ne lui reprendra plus à cette farce géante.
Je pris quelques notes (toujours sur le qui-vive), songeant à la fourmilière géante Bruxelloise, ces milliers de gens ramenant des petits sacs en plastique dans leur foyer, les fourmis ouvrières, les fourmis employères, les fourmis toutes courtes avec leur petit chomâge et leur petit cpas, avec leurs tout tout petits sacs ... , je payai mon addition, pris mon petit sac, mes jumelles, et me dirigeai vers ma fourmilière ...
HA

27 décembre 2006

adieu à Sarah et Delanoé

J'ai passé une grande partie de ma vie dans les bistrots bruxellois, côtoyant une "faune" d'êtres humains, aussi humains qu'humains, pathétiques que pathétiques, chaleureux que chaleureux. Et, souvent, ces rencontres étaient bercées de musique française : pas du Brel ou du Brassens, pas du Vivaldi : simplement de la musique populaire, celle qui a bercé notre enfance, celle qui est enfoncée profondément dans nos gênes. La musique du prolo du coeur, celle qui, tout un coup te fait pleurer ou rire, celle qui te rappelle ton enfance crasse.
J'ai beaucoup aimé et chanté tes chansons Delanoé.
Au karaoké, t'étais pas le dernier (moi non plus). Souvent tes chansons ont fait vibrer nos coeurs le long de soirées un peu arrosées.
Je fréquentais un petit estaminet pas loin de la grand-place. (de Bruxelles ou d'ailleurs) dans lequel je t'ai rencontré : Moi Alain, toi Sarah ... Dans la jungle de la ville on s'est retrouvés.
Sarah
, la "Grand Place était vide", te souviens-tu de cette chanson ?... "il y avait toujours notre guide : "Nathalie" ...
Sarah,
te souviens-tu de ces touristes enchantés qui nous écoutaient chanter "c'est un beau roman", qui ne comprenaient pas le français, mais enivrés de musique de bière et d'amour nous applaudissaient tandis que nous nous embrassions ?
Te souviens tu de ces karaokés, yeux dans les yeux, main dans la main ?
Te souviens tu de notre énergie diluée dans le néant de l'instant, dans la féerie de ces moments oubliés et vains. Te souviens-tu encore de mon regard amusé, noyé dans la beauté de tes yeux ?
Avec le recul, je repense à Sarah, Kaoutar, Sandra et toutes les autres. Je repense à vous, créatures divines, et je pense que c'est en vous rêvant que Delanoé s'est lancé dans l'écriture de chansons.
Pour vous, douces jeunes femmes, qui enfantiez seconde après seconde la magie de l'illusoire instant ethylique dans laquelle nous étions plongé, mes comparses et moi, dans l'estaminet qui servait de scène à notre comédie humaine.
Delanoé est mort, paix à son âme.
Il avait peut-être pas anticipé ce qui arriverait plus tard, mais il a eu le mérite d'y croire.
"La grande chanson française", n'est faite que de petites "chansonettes" tellement vécues qu'on ne peut s'empêcher de s'y sentir impliquer. Qui n'a pas croisé de fille qui descendait vers le midi ?
"Moi c'était la ligne 55, toi tu remontais la haut dans le brouillard du 81."

Puis il y eu "l' été indien" ... bien connu à Bruxelles. Que de souvenirs amers, d'amourettes oubliées, de nostalgie délavée ... La Belgitude mélancolique se reconnaît en tes chansons Delanoé, tu fais pas de politique, t'exploites pas les gens, tu as batti ta vie autour de l'amour et de véritables valeurs humaines, et ça, c'est inattendu.

Rien à foutre de la mort de Ford, qui a batti sa vie sur "god bless America" et "god bless the cars", et sur la mort des jeunes vieux croûtons politiques qui nous manipulent, bien coincés dans leur costume-cravate-mandat ...

A toi Sarah ... petit bout de femme coincée entre tes cultures et ta joie de vivre.
Vis comme l'oiseau ... dixit Delanoé.
Demain on reparlera politique ...
AH

21 décembre 2006

lendemains d'ici ou d'ailleurs


En cette période de morosité internationale, "humeurs" se (re)penche sur la question de la détresse et de l'optimisme ambiants ...

Coup de sonde ...
Avant le crash bancaire international, d'aucuns pensaient tenir l'explication à tous nos maux : "l'autre" . Le chomâge, la précarité, les sdf, les prix qui grimpent ...le coupable était tout désigné : c'était lui, celui qui arrivait de on ne sait où, ni comment. Il venait nous ôter le levain de nos bouches ... tout simplement ! Identifié grâce à des études approfondies de fin 1938, on nous savonna avec des slogans du genre "l'immigration est un fléau qui ronge petit à petit l'Europe entière". Ou, plus simple : "Immigrés dehors !" Pourquoi faire compliqué ?
On a même envisagé la solution "finale" : les charters et les primes au départ. Mais avec 50.000.000 d'immigrés en Europe, ça fait quand même beaucoup d'avions pleins et de magasins vides.



Cracboumpatatra
Arriva l' automne 2008, paysages orangés et feu dans les banques. Panique dans les bourses (en tout genre), rechômage, reprécarité et repessimisme ambiant. Quel coup ! Trahis par les nôtres ...

On ne m'enlèvera pas l'idée

Le choix, pour eux c'est "marche ou crève" version tiers-monde.

Notre choix : bunker quotidien, "marche ou crève" version quart-monde.

Mon choix : une petit poème :

"Les zombies"


Les zombies pleurnichent devant quelques faits divers,
le frigo moins rempli qu'hier ...
Chaque jour un peu plus triste
sous leurs yeux déjà habitués,
les facture impayées,
les crédits "poudre aux yeux",
t'as tout aujourd'hui et tu payeras l'addition demain, c'est mieux.
c'est pas grave : l'important c'est l'espoir ...

Les zombies comprennent enfin,
qu'ici ou ailleurs ce sont les mêmes lendemains.
Des lendemains qui déchantent parfois,
et qui ont le mérite de tracer une voie
.
Une voie vers quoi ?
Une voie, vers toi, vers moi.

Alors ils réalisent soudain,
qu'il
ne fallait pas oublier le réel.
Et que leur petit bonheur (im)matériel,
ils ne l'emporteraient ni en enfer, ni au ciel ...

HA.